La blockchain fait parler d’elle. Depuis l’apparition du concept en 2008, elle suscite de vifs intérêts. D’abord dans le secteur financier, puis dans les assurances ou bien encore l’agroalimentaire, elle intéresse également l’industrie pharmaceutique, notamment pour ses vertus en matière de traçabilité…

La Blockchain, un outil au service de la logistique santé ?

Définie comme une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle*, la Blockchain se matérialise comme un registre distribué et décentralisé partagé entre différents acteurs. Parmi ses utilisations ? Le transfert d’actifs, la mise en place de contrat intelligent (ou smart contract) ainsi que la traçabilité des produits et de leurs datas, depuis leur fabrication jusqu’à leur livraison.

Lutter contre la fraude de médicaments

Problématique d’envergure dans l’industrie pharmaceutique et la logistique santé, la fraude de médicaments concerne tous les acteurs de la supply chain pharma. Fortement mobilisés autour de ce sujet toujours d’actualité, certains d’entre eux travaillent notamment sur la Blockchain, comme outil de traçabilité et de sécurisation de la chaîne logistique du médicament.

« Outre ses applications pour les données patients, la blockchain, grâce à sa transparence et son inaltérabilité, peut également être utilisée en tant qu’outil de traçabilité et de vérification d’authenticité pour les médicaments, les ordonnances médicales ou encore les brevets. L’utilisation d’une blockchain pourrait aider à lutter contre ce fléau, en enregistrant les empreintes de chaque action liée à un médicament, lors des différentes phases du processus de fabrication et distribution », explique l’entreprise Blockchain Partner dans son étude « Blockchain et Santé ».

Un outil au service de la sérialisation

Cette utilisation de la Blockchain pourrait également servir la sérialisation des médicaments.  Ce principe, appliqué depuis le 9 février 2019, implique que chaque boîte de médicament prescrite sur le marché européen fasse l’objet de mesures d’indentification et de marquage bien précises : un code à barres Datamatrix 2D, un numéro de série unique, un numéro de lot, un code produit ainsi que sa date d’expiration.

Un process nécessaire et obligatoire qui s’accompagne ainsi d’un nombre croissant de datas à sécuriser et gérer sur l’ensemble de la supply chain du secteur pharmaceutique. Et pour ce genre de mission, la Blockchain semble donc déjà tout indiquée.

Ce que la Blockchain peut apporter au transport de produits pharmaceutiques et à la livraison de produits de santé

Délais de livraison, acheminement des produits, respect des conditions de transport, le prestataire logistique, le transporteur et tout autre acteur de la supply chain doit désormais apporter une transparence et une traçabilité sans faille à ses clients.

Assurer un transport et une livraison des produits pharmaceutiques en température dirigée, en temps réel, sûrs, maîtrisés et sans rupture nécessitent ainsi un savoir-faire et des outils experts. La technologie blockchain peut être de ceux-là.

Si la géolocalisation ou les objets connectés sont aujourd’hui des alternatives connues et utilisées par de nombreux transporteurs et logisticiens, elles peuvent être désormais couplées à la blockchain qui sera capable de suivre non pas les produits pharmaceutiques eux-mêmes, mais le transfert de responsabilités de ces derniers, comme l’explique la société française Ownest : « en identifiant les responsables des biens manipulés, la solution permet ainsi de disposer d’une visibilité étendue des réseaux logistiques, même sur plusieurs niveaux de sous-traitance ».

Une meilleure traçabilité de la livraison des produits pharmaceutiques

La société française Crystalchain a lancé il y a 3 ans une blockchain baptisée Blockpharma. L’application permet au consommateur de vérifier instantanément l’authenticité de la boîte de médicament qu’il achète et s’appuie sur le Machine Learning pour améliorer la détection des cas de contrefaçons.

Cette dernière permettrait ainsi aux acteurs de la supply chain pharmaceutique, transporteurs compris, de détecter d’éventuelles anomalies ou oublis via des alertes automatiques. Un système sur lequel travaille également l’entreprise SAP aux États-Unis, de la production à la gestion retour des médicaments.