Les innovations sur la mobilité durable ont été au cœur des débats du salon Autonomy : plus de place pour les mobilités douces, mais aussi une prise en compte plus importante de la logistique urbaine. Pour la première fois, la livraison verte a sa place dans ce rendez-vous de la mobilité.

Réduire la place de la voiture individuelle, c’est aussi donner plus d’efficacité aux livraisons urbaines.

Autonomy, le salon international des solutions de mobilité durable, s’est tenu à la Grand Halle de la Villette les 16 et 17 octobre.

Ce rendez-vous annuel de la mobilité de demain est un concentré de keynotes, d’échanges et de solutions autour du transport de personnes et de marchandises dans les villes.

Trottinettes, vélos en libre-service, vélos à hydrogène, bornes de charge électrique et solutions d’autopartage constituent un passage incontournable pour les visiteurs et acteurs publics présents en nombre sur ce salon.

Mais fait nouveau, de nombreux événements et exposants proposaient des solutions autour de la logistique urbaine.

Renault Mobility exposait le prototype du véhicule de livraison EZ-Flex. Ce véhicule spécifiquement conçu pour la logistique urbaine dispose d’une cabine ergonomique avec une visibilité réduisant les angles morts, mais aussi une accessibilité aisée. Il s’agit d’un point important pour un livreur qui 100 fois par jour, va sortir et entrer dans le véhicule. Ce véhicule conçu avec un conteneur amovible de 3 m3 sera prochainement testé à Paris et à Montpellier.

Un autre véhicule de livraison électrique était présenté, au moins en projet, celui de la société suédoise Volta trucks. Il s’agit là d’un véhicule Poids Lourd électrique urbain, avec une autonomie annoncée de 150 km. Deux véhicules vont être testés à Londres et à Paris en 2020.

Pour le moment, les solutions propres de véhicules poids lourds se limitent au GNV (Gaz Naturel pour Véhicules). Les offres de véhicules électriques ne concernent que des véhicules de moins de 3,5t. Il est intéressant de voir que certaines initiatives existent sur la construction de véhicules Poids Lourds électriques.

Les solutions de vélocargo étaient présentes en nombre sur Autonomy. Certains fabricants, comme Fleximodal ou K-Ryole, ont spécifiquement conçu des remorques de vélo adaptées pour le transport et le regroupement des trottinettes dans les centres villes.  A noter le vélo biporteur de grande capacité (1,5 m3), présenté par Urban Arrow.

  

Parmi les nombreuses start-ups, nous avons relevé la toute nouvelle plateforme Cyclofix, qui met en relation des entreprises utilisant des vélocargos et des réparateurs, circulant eux-mêmes en vélocargos. Une initiative intéressante déjà présente dans 7 métropoles.

La start-up Teebike a présenté une roue connectée transformant n’importe quel vélo en un vélo électrique. Nous avons aussi relevé le casque vélo doté d’un airbag, présenté par la société bretonne Toad Outdoor.

L’exposition sur les routes du futur, résultat du travail de 4 équipes internationales sur l’avenir des 1000 km de voies rapides et autoroutes de l’Ile-de-France, qui était présentée durant l’été au Pavillon de l’Arsenal, disposait pour l’occasion de son propre espace. Réduire la vitesse et l’autosolisme, laisser plus de place aux mobilités douces, mais aussi donner plus d’efficacité aux livraisons urbaines consolidées et propres : ce sont là les grandes orientations de ces propositions. Pour qu’elles ne restent pas sans suite, le Forum Métropolitain du Grand Paris, à l’initiative de cette consultation, a tenu un comité de pilotage sur le salon Autonomy.

Les nombreuses conférences ont été l’occasion de témoignages d’acteurs publics notamment de Chine, d’Allemagne ou des Etats-Unis sur les tendances en termes de mobilité. Les évolutions rapides des technologies et des formes de mobilité posent un problème d’adaptation de la ville.  Ross Douglas, président du salon, nous rappelait lors de la conférence inaugurale que, « dans le monde, 1,2 milliard de véhicules thermiques transportent quotidiennement un seul occupant vers et depuis son lieu de travail. »

Le renouvellement du parc de véhicules automobiles thermiques en véhicules électriques ne résout pas le sujet essentiel, qui consiste à en réduire le nombre. En réduisant le nombre de véhicules automobiles dans les villes, nous pourrons rendre les espaces urbains plus fluides et plus efficaces, notamment pour les livraisons, qui constituent une fonction essentielle de la ville.

C’est aussi en augmentant la productivité de la ville pour les livraisons que les transporteurs pourront trouver les possibilités d’investir dans des solutions plus propres et plus consolidées.

Le salon Autonomy nous a montré que les passerelles entre mobilité des personnes et mobilité des marchandises passent par un meilleur partage de l’espace public.