La livraison du dernier kilomètre est au cœur des politiques publiques sur le transport et la mobilité. Un des effets les plus visibles est la mise en place progressive, dans de nombreuses agglomérations, de Zones à Faibles Emissions. L’objectif est de permettre le développement rapide de la livraison écologique, afin d’agir sur la qualité de l’air.

Il faut aller plus loin pour réduire de façon durable les émissions polluantes et la congestion.

Les collectivités locales disposent de plusieurs leviers pour maîtriser l’impact de la livraison du dernier kilomètre sur la ville. Elles peuvent ainsi agir sur les horaires de livraison, sur le stationnement ou sur les aides au développement de la livraison écologique.

Dans de nombreuses villes européennes, le périmètre du centre-ville est réglementé en fonction des émissions polluantes des véhicules. Plus de 250 villes en Europe ont mis en place des Low Emission Zones, terme adopté pour ces réglementations.

À de rares exceptions près, comme Paris ou Grenoble, les agglomérations françaises ne sont pas soumises à ces règles. La France accuse donc un retard dans ce domaine, toutefois en passe d’être rattrapé.

En effet, les Zones à Faibles Emissions sont amenées à se développer. La livraison écologique, en véhicules électriques, au GNV ou en vélocargos devient alors l’objectif des collectivités locales.

La future Loi d’Orientation des Mobilités prévoit d’ailleurs que l’instauration de ces Zones à Faibles Emissions, contrôlées à l’aide des vignettes Crit’Air, devienne obligatoire lorsque les normes de qualité de l’air ne sont pas respectées de manière régulière. Il s’agit là d’une réponse à la décision de la Commission Européenne de poursuivre la France devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, pour non-respect des normes de qualité de l’air.

Les initiatives de Grenoble et de Paris ne resteront donc pas isolées. La Ministre Elisabeth Borne a déjà cité 14 agglomérations prioritaires, dont Lyon, Nice, Marseille et Strasbourg.

Ces mesures contraignantes s’intègrent dans une démarche plus incitative qui est celle de la mise en place, à l’échelon local, de chartes de logistique urbaine durable. Plusieurs agglomérations, comme Cannes, Lille ou Montpellier se sont portées candidates pour mettre en place de telles chartes en expérimentant le cadre national proposé par le Ministère de la transition écologique.

Ces chartes, issues d’une démarche de concertation, comprennent un volet réglementaire, mais surtout un plan d’actions pour développer la livraison écologique, mettre en œuvre des solutions de mutualisation, envisager le transfert modal. La livraison du dernier kilomètre est alors au cœur des préoccupations publiques.

Une des difficultés auxquelles ces initiatives sont confrontées est l’évolution de la consommation, avec le développement des livraisons à domicile et de l’e-commerce. Ce sont alors plus d’expéditions, plus fragmentées et souvent plus rapides. La livraison écologique constitue une des réponses, en tout cas la plus visible. Les élus ne s’y trompent pas et, à moins de 2 ans des élections municipales, font aussi de la livraison du dernier kilomètre un enjeu politique.