La tradition du sapin de Noël cache une logistique très optimisée dans un marché éclaté. Le sapin naturel provient de France, mais aussi de plusieurs pays voisins. Distribution directe en provenance des producteurs et au travers des marchés de gros, le sapin de Noël est un exemple de chaîne logistique complète. Elle intègre la reverse logistics, au travers d’un circuit de recyclage et de valorisation.

Le sapin de Noël est un exemple de chaîne logistique optimisée, des exploitations forestières aux points de vente.

Une tradition qui perdure

Peu de traditions perdurent autant que celle du sapin de Noël. C’est en Alsace, il y a près de 5 siècles, que le sapin est devenu un symbole de Noël.

Ce rite impose toutefois une logistique optimisée et, de plus en plus souvent, une logistique inverse.

7 millions de sapins sont vendus chaque année en France, près de 9 sur 10 étant des sapins naturels. Le sapin artificiel n’a donc pas détrôné le sapin naturel.

Le conseil en stratégie durable Ellio nous apprend que le sapin naturel est beaucoup plus écologique que le sapin artificiel. Pendant ses 5 à 10 années d’existence, le sapin naturel absorbe du CO², qui compense en grande partie le CO² émis par son exploitation et son transport. A contrario, le sapin artificiel est produit dans des usines, généralement situées en Asie, qui rejettent beaucoup de CO².

Le sapin artificiel rattrape le sapin naturel sur le plan environnemental s’il est conservé 20 ans, ce qui est bien rarement le cas.

Une chaîne logistique complexe mais bien optimisée

Les sapins alimentent le réseau de distribution ou les marchés de gros, comme celui de Rungis, en camions complets, souvent dès le mois de novembre. Le marché de Rungis annonce recevoir annuellement 400 000 sapins.

Les sapins sont souvent conditionnés verticalement, en box-palettes, ou horizontalement, sur des palettes ou des box métalliques.

Les sapins sont majoritairement importés du Danemark, de Belgique ou d’Europe de l’Est. Fait étonnant, la Wallonie exploite la même surface de culture de sapins de Noël qu’en France, environ 5000 hectares.

Les exploitations françaises sont situées dans le Morvan ou en Franche-Comté, mais aussi en Bretagne et dans le Limousin.

C’est traditionnellement du Morvan que provient le sapin de l’Elysée. Depuis quelques années, il est acheminé par barge. Trois jours de convoyage et le passage de 68 ouvrages permettent d’acheminer de façon écologique ce symbole de la France profonde vers Paris. Une bonne occasion de rappeler que les réseaux d’infrastructures ne sont pas tous routiers. Les canaux, certes souvent limités en gabarit, traversent la France et peuvent encore trouver une certaine utilité.

La logistique est rendue complexe par la diversification des réseaux de distribution. Un sapin sur trois est acheté dans les grandes surfaces. Si la vente directe sur l’exploitation représente 9% des ventes, les jardineries, magasins de bricolage, libres-services agricoles et marchés de plein vent constituent chacun une part de marché significative. Les fleuristes interviennent aussi sur ce marché, mais de façon toutefois minoritaire.

L’e-commerce n’est pas absent de ce secteur. Plusieurs e-marchands proposent l’achat de sapins sur internet et la livraison à domicile.

Certaines start-ups ont imaginé des services innovants comme la livraison à domicile en soirée, le samedi ou le dimanche, sur rendez-vous et la reprise du sapin dès janvier.

Même si porter et installer son sapin reste pour le consommateur une tradition, ce produit spécifique, acheté une fois par an, n’échappe pas à l’émergence de services de livraison à valeur ajoutée.

Le sapin de Noël connaît une seconde vie. Parfois replanté, il est surtout de plus en plus souvent récupéré. 44% des acheteurs d’un sapin naturel le déposent dans un point de collecte.

La Mairie de Paris met ainsi à disposition, dans les parcs, 164 points de collecte. Les sapins sont transformés en broyat utilisé comme paillage pour protéger les sols des jardins de l’évaporation de l’eau et du froid. Dans d’autres cas, ils sont transformés en compost.

Le sapin de Noël constitue un exemple de chaîne logistique bien optimisée. La reverse logistics est souvent incitée par les distributeurs, mais aussi par les collectivités. Les résultats montrent que le consommateur devient responsable en étant un acteur dans la chaîne logistique. Il s’agit peut-être là d’un exemple à suivre pour d’autres secteurs de la consommation.

La tradition du sapin de Noël constitue alors une chaîne économique, mais aussi logistique et environnementale optimisée. Une bonne raison pour la maintenir !